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Fermeture 1er catégorie, 20 septembre 2020

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Publié par truitepassion.fr

Une histoire de moulinets

En voici, une pièce maitresse de la panoplie du pêcheur quel qu'il soit !!!

Effectivement le moulinet reste un élément essentiel, mais pas indispensable à la pratique de la pêche. Les pêcheurs au coup ne l'utilisent pas, ce qui pêche au Tenkara n'en ont pas l'utilité, comme ceux qui pratique cette technique sans doute ancestrale pour pêcher la truite, je pense bien entendu à la pêche à la barre qui reste pour moi, une technique simple ancestrale, mais non moins dénué de modernité.

Voici devant vous des éléments qui peuvent affirmer que la pratique de la pêche, peut très bien se faire sans ce composant fait d'acier, de pignons et d'axes. Bien que sa composition reste parfois simpliste, il est quand même un élément clé de bons nombres de modes de pêche et cela depuis des années.

Et comme tout, il a évolué avec le temps !!!

Il est loin le temps des poids lourds de nos grands-pères, aujourd'hui même les moulinets à tambour fixe peuvent atteindre des poids respectables pour le confort du pêcheur. Le pêcheur d'aujourd'hui quelle que soit sa technique de prédilection n'a que l'embarras du choix.

Le pêcheur de carnassiers peut très bien pratiquer avec un moulinet spinning, ou moulinet à tambour fixe (moulinet à tambour fixe, avec la bobine qui ne tourne pas, mais qui oscille de haut en bas, le fil étant enroulé par le biais d'un pick up), voir avec un moulinet casting (à l'inverse du moulinet spinning, le casting à son tambour qui tourne, la poignée agit directement sur la bobine et ne passe pas par différent engrenage, le moulinet ce pose sur le dessus de la canne, ainsi que l'ensemble des anneaux de cette dernière).

Les pêcheurs à la mouche ont le choix entre le moulinet simple et celui semi-automatique, mais toujours avec une bobine large pour y mettre la soie et un frein parfait afin de contrer la défense de jolis poissons.

Les amateurs de la pêche aux leurres ont le même choix que les pratiquants de la pêche des carnassiers c'est-à-dire moulinet spinning ou casting, encore que je pense que la pêche de la truite aux leurres ce fait plus avec un moulinet spinning qu'un casting, ce premier reste quand même l'indémodable en France.

Et pour le pêcheur au Toc me direz-vous, ben une fois de plus nous avons le choix entre quatre différents types de moulinets et notre choix et souvent porté par la taille du cours d'eau que nous avons l'habitude de prospecter, encore qu'il en va aussi du choix de chacun et l'harmonisation de notre ensemble que nous pouvons avoir en action de pêche.

Une histoire de moulinets

Nous avons donc le choix entre un moulinet spinning issu du monde du carnassier, de la pêche aux leurres et à l'anglaise (pêche au coup), un moulinet semi-automatique empruntait au monde de la pêche à la mouche et un moulinet à tambour tournant, indémodable et né sans doute dans les Pyrénées, avec l'ascension et la démocratisation par les maîtres de la pêche au TOC (cette technique ancestral), comme sont cousin le moulinet au talon qui orne encore pas mal de cannes à fil intérieur. 

Ces quatre types de moulinets, vont associer les cannes de tous les pêcheurs aux appâts, avec quelques différences notoires entre eux.

Le pêcheur de grandes rivières préférera un moulinet à tambour fixe (spinning) afin d'avoir un meilleur lancé, pour des dérives lointaines et sans doute un meilleur frein pour le combat de gros poissons. Encore que Lionel Armand guide de pêche chevronné dans les Pyrénées pratique la pêche en dérive sur les Gaves avec un moulinet à tambour tournant de la marque Perless Bam (Ritma 72).

On sait tous, que Pierre Sempé a révolutionné la pêche au Toc dite en dérive naturelle avec ses cannes anglaises, il a encore amélioré la chose en associant à ces cannes un moulinet à tambour fixe et je pense que comme vous je serais curieux, de connaître le pourquoi du comment. Car connaissant un peu Pierre, ce n'est sans doute pas lié au hasard s'il a eu cette idée-là, il y a de cela quelques années et j'espère qu'il aura l'occasion de venir répondre à cette interrogation. Dans mes propos je ne vais pas oublier de citer, le moulinet capoté, bien que certain ne l'aime pas, lui trouvant qu'il vrille beaucoup trop le fil, il a quand même ces amateurs qui ne lui trouvent que des qualités lors de l'action de pêche.

Il y a aussi les pêcheurs adeptes des moulinets semi-automatique qu'ils soient pêcheurs de grandes rivières, de moyennes, ou de petites, ce type de moulinet emprunté à la pêche à la mouche à ses fervents défenseurs (Alphonse Arias, Michel Galinier etc.). Il est préférable de modifier la bobine trop large et non adapter pour notre pêche au Toc, surtout pour le moulinet semi-automatique Vivarelli (exemple, mais il y en a d'autres). On peut très bien avec quelques notions de bricolage le faire, soi-même et bon nombre de pêcheurs ont la bobine modifiée du plus connu des moulinets de ce type (Vivarelli).

Mais il existe aussi des kits que l'on peut trouver dans le commerce (kit Peux par exemple), voir des bobines moins larges et des sorties de fil (bobine et guide fil Lucky bur). Mais vous pouvez aussi trouver ce type de moulinet déjà modifié pour notre pêche, la marque Perless Bam propose le ritma 80 Toc (moulinet semi-automatique adapté) et vous pouvez trouver chez les espagnols d'Urruzuno, un petit semi-automatique dont le faible diamètre de la bobine convient parfaitement à cette passion de la pêche aux appâts.

Une histoire de moulinets
Une histoire de moulinets

Quant à ceux qui ne pêchent ni avec un moulinet spinning et ni avec un moulinet semi-automatique il reste l'indémodable et passe partout moulinet à tambour tournant. Bien qu'au départ, il soit considéré comme une simple réserve de fil, il reste pratique, inusable (pour certain) et quel que soit le modèle on en possède tous un associer à une canne dans le coffre de la voiture ou ailleurs. Avec le temps il est aujourd'hui de plus en plus fluide dans son maniement, possédant un frein micrométrique et parfois un rembobinage démultiplier ce qui représente un indéniable confort de pêche. 

Le moulinet au talon de conception artisanal reste sans doute l'allier des cannes à fil intérieur, cela reste un pur produit du terroir des Pyrénées. Il a, lui aussi écrit ces lettres de noblesses avec des pêcheurs comme Alphonse Arias entre autre avec le moulinet delta (à gâchette) que l'on pouvait trouver dans les années 90 sur le catalogue édiloisir (pour les nostalgiques), puis par la suite chez "tocpassion". Aujourd'hui si je ne me trompe pas seul le moulinet vivatov conçu et distribué par Jean-louis Clermont reste encore disponible pour être adapté sur des cannes à fil intérieur. Je n'ai, hélas jamais pu pêcher, ni avec l'un ni avec l'autre, mais la grande différence des deux reste sur le principe du rembobinage du fil, le premier ayant une gâchette dans la poignée de la canne, le second rembobine le crin d'un coup de poignet vers la droite (tenue de la canne particulière et coup de main à prendre).

Côté des marques pour ces quatre types de moulinets, nous avons devant nous un très vaste panel et un large choix, car il en faut pour tout à chacun et le gout des uns n'est pas forcément le gout des autres et comme je le dis souvent chacun à son propre ressenti et donc les différentes marques, d'articles de pêche ont pensées à nous avec quelques modèles d'exception.

Pour les moulinets à tambour fixe Daiwa et Shimano restent des valeurs sûres, avec de très bons modèles de qualité irréprochable, avec lesquels vous pourrez pêcher les yeux fermés, il faudra les choisir dans la tranche 2000 et 2500 afin de pouvoir pratiquer les grandes rivières et même les autres. Leurs bobines larges atténueront considérablement le vrillage du fil. Quant aux nostalgiques des Luxor et autres Crack 100 des années 50 (Patrick Roux pour ne citer que lui), la simplicité de leurs mécanismes et la robustesse du bâti en font qu'aujourd'hui encore, certains pêcheurs ne jurent que par eux, sans doute un phénomène de mode chez certains quoi que !!!!

Je serais quand même, curieux de voir « la gueule « d'un moulinet de la marque Daiwa (par exemple) d'aujourd'hui, dans 50 ans et après des heures de pêches ….. C'est comme tout, hier on concevait des modèles simples pour durer dans le temps, mais depuis quelques années et malgré la technicité des composants, nous avons de plus en plus à faire à des objets qui ne sont pas fait pour durer, vive le temps du consommable et notre société de consommation à outrance.

Pour les moulinets semi-automatiques, le plus en vogue et l'indétrônable reste le moulinet Vivarelli, mais vous pourrez aussi trouver celui de la marque suisse Peux (fulgor), le petit Espagnol de chez Urruzuno et les spécial TOC, de chez Skaw ( Y30), de chez Garbolino (yoto, ibéria et ozone) et enfin le perless Bam (ritma 80 toc).

Une histoire de moulinets

Reste maintenant les moulinets à tambour tournant, ou là nous allons trouver un vaste choix chez les marques. Je ne pourrais que citer Perless Bam marque française (ritma 72,73; protec 51, 61 et les petits D42, D50 et D60), Garbolino propose quant à lui un vaste choix (dtr, atr, t-max, Graphite 75, ctr et wsa etc.), Marc Delacoste nous propose son loxus et le loxus DM et la marque Skaw n'est pas en reste avec les modèles suivants (protoc et aster 50).

Pour le moulinet au talon qui reste un fait sur mesure seul le vivatoc reste aujourd'hui trouvable.

J'allais oublier de vous parler de cet autre dérivé, ce n'est pas un moulinet à proprement parler, il ne possède, ni bobine, ni manivelle, ce moulinet en bois qui vient de chez nos amis suisses, reste encore pratiqué, dans le Jura, l'Ain et les deux Savoies. La pêche avec ce moulinet: "le cadre" reste une pratique à part entière, c'est un tour de main à apprendre, mais d'après ce que l'on dit, celui qui sait manier ce « moulinet » spécial sera un grand pêcheur, car ce cadre n'a nul pareil pour faire danser l'appât qui est au bout de la ligne.

Pour la petite histoire de nos moulinets la mention la plus ancienne se trouve dans un livre anglais de 1651, mais des peintures japonaises du 12 siècles représentaient déjà des pêcheurs se servant de rouleaux, pour enrouler et dérouler leurs lignes.

Voilà pour ce tour d'horizon, je finirais tout de même, par vous dévoiler mes moulinets si vous ne connaissez pas encore, ma façon et ma vision de cette pêche au toc en dérive ou non que j'aime pratiquer tout au long de ma saison de pêche. Ce matériel reste un choix personnel, il est dicté par mon ressentie et il me convient parfaitement aujourd'hui. J'ai trouvé je pense la bonne équation et dieu sait si j'en ai essayé plusieurs avant d'avoir trouvé la bonne formule. Ce qui me convient ne conviendra sans doute pas à un autre, même si au niveau des moulinets il y a une mince différence entre pêcheurs.

 

Une histoire de moulinets

J'ai adopté depuis des années, le moulinet dtr 65g de chez Garbolino, sur mes cannes anglaises courtes pour pêcher les cours d'eau moyen à petit, pour moi il n'y a sans doute pas mieux. Une fluidité remarquable et un frein à tout épreuve, même si les grosses truites, ne sont pas légions dans les milieux que je cherche (ce n'est pas les centimètres que j'ai dans le cœur dixit M. Delacoste), ce moulinet me convient parfaitement et contribue pour moi au parfait mariage entre canne courte et moulinet léger.

Pour les cannes un peu plus longue (3,90m) j'ai opté pour le moulinet loxus de chez Delacoste, je trouve ce moulinet plus adapté sur des cannes de cette longueur que sur des dimensions moindre, son poids et le diamètre de sa bobine restent pour moi l'idéal pour des cannes de cette longueur là. Bien entendu ce moulinet n'est plus à présenter, il a, à cette date, rempli amplement ses lettres de noblesse et les pêcheurs qui comme moi le possèdent n'en sont que satisfait.

Je possède aussi pour la pratique de la grande rivière deux moulinets luxor (moulinet vintage) en parfait état de fonctionnement et un moulinet Daiwa légalis lt en 2000, mais je peux vous avouer que la pratique de l'action de pêche avec ce type de moulinet surtout au lancer, n'est pas ma tasse de thé (j'ai un peu de mal).

Je possède aussi trois moulinets semi-automatiques, deux d'entre eux me servent pour la pratique en ruisseaux et sur certaines rivières ( avec des cannes télérégables) où il faut pêcher au Toc traditionnel et le troisième est monté sur une canne de confection artisanale (Hexagone). Personnellement,  je pense que ce genre de moulinet doit être impérativement placé sous la main qui tient la canne afin d'avoir le meilleur contrôle de la ligne possible et garder en permanence le contact avec le fil.

Je ne conçois pas et ne voit aucune utilité à le placer en bout de canne sur des porte-moulinets de type « mouche ». C'est pour moi se compliquer la pêche !!!

Je ne sais pas comment font certains pour avoir à la fois le talon de la canne sous l'avant-bras et se servir du moulinet à gâchette placé pratiquement au niveau de leur coude, avec la même main. Il faut être réaliste, pragmatique et la pratique de la pêche n'a pas pour but, de se compliquer la vie bien au contraire.

Pour finir je possède deux vieux moulinets ritma 72 qui ont pris à chacun une grande quantité de poissons, ils sont aujourd'hui placés en réserve et en secours au cas où il m'arriverait un problème avec l'un de mes différents moulinets (il faut parfois être prévoyant dans la pêche).

 

 

Une histoire de moulinetsUne histoire de moulinets

Quelle que soit la technique pratiquée, vos besoins et vos envies, votre ressenti, il faudra toujours garder à l'esprit que ce moulinet doit être, l'équilibre de la canne à pêche. Même si nous sommes en recherche constante de gain de poids sur nos ensembles afin d'avoir un meilleur ressenti, on peut très bien avoir un moulinet un peu plus lourd sur une canne légère et inversement tout sera alors une question d'équilibre.

Mais s'il vous plait et pour conclure je n'aimerais plus voir d'ensemble canne téléréglable qui pique du nez avec un moulinet à tambour fixe de 250gr, à moins d'être bucheron et avoir des bras comme les cuisses, le poids de l'ensemble fera qu'il n'y aura pas un bon ressenti à la touche et ce sont dans la plupart des cas les truites qui vont en subir les conséquences (il n'est jamais bon de voir un hameçon, au fin fond de la gorge d'un poisson).

Le bon sens du pêcheur, son expérience, le ressenti qu'il doit avoir au bout des doigts, la recherche de l'équilibre et le gain de poids doivent être des facteurs à prendre en considération dans le choix de ce moulinet ou des moulinets qui vont trouver place sur votre canne, voir vos cannes. Avoir le moulinet passe partout pour une batterie de cannes n'est, pour moi pas envisageable, avoir un moulinet pour chaque canne reste un budget, mais gardez toujours à l'esprit qu'il va falloir adapter votre matériel de pêche aux lieux de pêche que vous pratiquez habituellement.

Merci à vous tous et surtout « Ar vère, o co que veï ».

Photos issues du net 

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Roux Patrick 13/04/2020 19:40

A mon sens le poids du moulinet le plus léger possible ne veut rien dire, il faut avoir le poids adapté à l'équilibre général d'une canne (à mouche ou au toc d'ailleurs). Pour moi en tenant la canne, l'équilibre parfait ce situ juste sous le bout de l'index. La canne doit rester en équilibre parfait à ce niveau, la oui la canne est en équilibre et ne parait ne plus rien peser.
Pour les cannes que je me suis faite j'ai positionné et collé le porte moulinet (avec mes luxor de 230 grammes) de cette façon, j'ai l'impression d'avoir des plumes dans les mains.
Ensuite je n'ai qu'une sorte de moulinets (Luxor ou Crack). Leurs avantages est un grand diamètre de bobine (lancer loin sans effort) une mécanique simple et fiable, mêmes mon modèle de 1949 marche comme au premier jour (entretien régulier) pêcher à démouliner anti-retour tout le temps enlevé, permettant de donner la pression idéale sur un poisson, et pied du moulinet très court rapprochant le centre de gravité contre la poignée pour une gestuelle sans aucun porte à faux.
Puis pour finir mon modèle de 1949, qu'un pêcheur très connu (A. D) avait fait faire sur mesure pour lui à l'époque, (pièce unique) tourne comme au premier jour, soit 71 ans plus tard, voir ma vidéo "Le vieux moulinet". Je me demande si ce n'est pas moi qui vais lâcher avant.
Et dire que j'en ai une quinzaine de modèles, tout neufs, dans leurs boites, j'espère vivre longtemps...
Et oui mais ils étaient pensés et fait par des hommes d'avant, des hommes de terrain, quand est-il aujourd'hui...

truitepassion.fr 14/04/2020 19:26

Salut Patrick, merci pour ton témoignage et ton avis toujours éclairé de pêcheur passionné. Pour le moulinet et comme je te les dit sur Facebook, je pense que les ingénieurs de l'époque avaient un temps d'avance sur aujourd'hui, ils ont réussis à faire des choses simples, amis très technique et c'est pour cela que ces moulinets d'un autre temps, perdureront même après notre mort.
@+
Serge