Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Fermeture 1er catégorie, 20 septembre 2020

Pages

Catégories

Publié par truitepassion.fr

Souvenir d'un pêcheur (par Pierre Sempé).

HISTOIRE ANECDOTIQUE !!!!

Le pêcheur de truite aux appâts vivants doit comprendre qu’il est indispensable de posséder une technique sûre, affirmée et résolument tournée vers une envie et nécessité de progression permanente. Les obstacles que nous rencontrons sont de plus en plus nombreux, divers et pas toujours naturels.

Nous devons savoir y répondre pour mieux les contourner, les minimiser, développer nos sensations et notre volume de pêche.  La pratique n’en devient que plus attrayante et passionnante car elle nous permet de constater notre faculté d’adaptation, nos progrès, mais également nos plaisirs grandissants. Les connaissances ajoutées à l’envie de mieux faire sont les facteurs déclenchants de découvertes et d’une progression, encore une fois, obligée. L’humilité devra être présente, elle nous amènera clarté et sincérité de jugement.

Je vais vous compter une petite anecdote sur un week-end de pêche vécu que je n’ai pas oublié, et pour cause !

 Je me souviens d’une sortie de pêche ou mon épouse était accidentellement venue. Nous étions début juin la période des longues journées ou il fait si bon le soir au bord de l’eau. Rentrant du travail un vendredi fin de matinée, je décidais de faire un week-end dans les Pyrénées, avec mon épouse et partager notre temps entre promenade et une partie du temps réservé à la pêche. Préparatifs rapides, sans oublier le matériel indispensable !

Tout ce beau monde en voiture et départ à 15h. Nous arrivons sur le gave d’Ossau, environ 18h. L’eau y était magnifique, le niveau idéal, quelques veines d’eaux attirantes, pas un brin de vent, un de ces instants magiques que la pêche nous offre et qui nous vont droit au cœur. Quant à mon envie de pêcher, n’en parlons pas ! Je gare la voiture à l’ombre au bord de la rivière, ma femme s’installant sur son pliant pour me voir pêcher, je crois que cela devait être la première fois !

Ayant un impératif d’horaire envers l’Auberge qui nous accueillait, cela m’accordait 1h à 1h1/2 de pêche. J’attaquais dans la foulée le montage de ma ligne, assis sur le rebord de la malle de ma voiture, regardant tour à tour mes doigts ma ligne en création et la rivière. La tension monte, quelques petits tremblements, on ne sait jamais trop à quoi ou à qui les attribuer, mais qu’importe, ils font tellement de bien !

Dès que je fus prêt, je commençais tout simplement devant moi, au plus près, sans chercher spécialement un coup bien précis, mais surtout pour ne pas perdre de temps et calmer mon impatience en regardant pêcher ma ligne et en y recueillant mes premières sensations. Je crois que dès ma première dérive j’eus une touche. La surprise ajoutée à cette dévorante envie de pêcher non encore trop contrôlée, donnèrent le résultat logique : R A T é . . . .

Je changeais vite mon appât abimé et recommençais. Ayant en partie évacué mon surplus d’adrénaline et retrouvé mon équilibre de pêcheur, je recommençais une dérive, contrôlant ma ligne avec un maximum d’application. Visualisant parfaitement son passage, il ne me fut pas difficile de voir une nouvelle touche pour ferrer au bon moment, contrairement à celle que je venais de manquer, cause à une ferrée bien trop tardive. C’était loin d’être un exploit, mais je prenais ainsi ma première truite.

Soirée exceptionnelle s’il en fut ou tout été réuni pour vivre de véritables instants de bonheur. Remettant mon poisson à l’eau, je descendais d’un ou deux mètres et après 2 ou 3 dérives, ma deuxième truite ne tarda guère. Il en fut ainsi durant environ 3/4h, prenant peut-être 10 ou 12 poissons. Mon épouse, qui jusque-là avait observait en silence et dont il est vrai j’avais oublié la présence, sortie brusquement de sa réserve pour me dire d’un ton naturel déconcertant : « Tu ne m’avais jamais dit qu’attraper des truites était aussi facile ».

En écrivant ces lignes, j’en suis encore traumatisé, jamais au grand jamais je n’aurais pu penser un jour dans ma vie de pêcheur qu’attraper des truites était une chose facile !! Scandale !! Inutile de vous expliquer longuement que mon moral venait de prendre un sacré coup. Me dire une chose pareille alors que mon idiot d’égo m’avait déjà presque décerné un Oscar !!!!! Ma surprise fut si grande que je restais sans réponse. Me dire cela alors que, comme à mon habitude j’avais essayé de pêcher au mieux de ce que je savais !!

Je décidais alors qu’il était peut-être l’heure de continuer la route, ce que nous fîmes. Le lendemain après une merveilleuse journée de promenade par un temps agréable, nous arrivons vers 17h, sur les berges du Gave d’Aspe, dans un endroit tranquille et paradisiaque (une des plus belles rivières que je connaisse). Les eaux encore pleines de lumière offraient leurs couleurs d’une beauté indéfinissable, mêlées de verts émeraudes et de bleus, semblables à un lagon polynésien (mais avec des truites). L’ombre s’était emparée de la bordure opposée rendant le coup encore plus beau et attirant. Tout en préparant ma ligne, je me situais aisément dans les mêmes conditions que la veille, ayant les mêmes touches, visualisant ma bannière se tendre délicatement, la truite bondir hors de l’eau dès la ferrée, telle un petit diable.

J’attaquais donc, habité par une confiance en béton ! La première 1/2h de pêche se passait on ne peut plus tranquillement, sans l’ombre d’une touche, comme si j’avais pêché dans le pré, le désert total ! Pensant que cela n’était qu’un petit incident de plombée, de profondeur, de qualité de dérive ou encore d’appât, je me mettais à l’œuvre pour essayer de résoudre l’énigme. Dérive après dérive, appâts après appâts, plombées après plombées et j’en passe !!

Bilan : la soirée se termina mais l’énigme ne fut pas résolue. Je revenais pensif vers mon point de départ tout en pliant ma canne. C’est le moment que choisit mon épouse, sortant de son silence pour la deuxième fois pour me dire avec un sérieux toujours aussi déconcertant et affirmatif : « Je t’ai regardé pêcher. Tu as fait exprès de ne rien attraper ». Deuxième scandale encore plus difficile à digérer que le premier !! Je compris ce jour-là qu’il me serait, quasi impossible de répondre conjointement à ces deux phénomènes qui se posaient à moi : « ma femme et la pêche ». C’était donc encore une autre énigme à résoudre…..

Je profite de ce petit récit pour souhaiter à vous tous un confinement le moins désagréable possible. Patience et sagesse sont des atouts dont les pêcheurs disposent, utilisons-les. Pensons à en sortir indemne ce qui nous donnera le plaisir de retrouver notre passion commune et de la partager comme il se doit, dans la simplicité, la joie et l’amitié.

 

« Le bonheur n’est pas l’absence de problème mais l’aptitude d’avancer avec eux. »

Pierre Sempé

Photo & texte: P.Sempé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article