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Fermeture 1er catégorie, 20 septembre 2020

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Publié par truitepassion.fr

MUSCA ( la pêche à la mouche domestique).

Est-ce vraiment possible que les truites mordent à ça ? Comment attraper des mouches ? Peut-on pêcher toutes les rivières avec cet insecte ?

Voila bien des questions qui font que la plupart des pêcheurs de truites renoncent à une pêche d’une technique particulière mais d’une efficacité redoutable. Mon père m’a initié à cette pêche que lui-même et sa famille issus du cantal pratiquent depuis très longtemps.

La mouche naturelle est un appât de choix pour les truites. Elles en sont voraces et sont prêtes à faire du chemin pour venir saisir avec gloutonnerie cette proie. J'en ai vu qui traversaient la rivière pour prendre, ou refuser, ma mouche. Elles en sont folles à un point tel qu’il n’est pas nécessaire de passer plusieurs fois sur un poste. Elles prennent au premier ou deuxième passage. Par contre la belle est capable de venir vous en manger plusieurs car la mouche est un appât délicat, fragile et qui se libère facilement de l’hameçon.

Les grosses truites et les très petites juvéniles sont assez expertes dans l’art de vous enlever votre mouche sans se faire prendre. Dès qu’une mouche a été l’objet d’une attaque, il faut la changer car j’ai remarqué qu’une mouche mâchouillée  n’intéressait plus dame Fario. Quant à la fragilité de la mouche, je vous conseille de préparer vos appâts la veille et de les faire jeuner 24 heures, ils seront plus toniques et plus fermes.

Pour les escher, il existe deux méthodes ; soit par-dessous, soit par-dessus. Pour ma part je préfère les piquer derrière la tête (donc par dessus) et faire ressortir l’hameçon au niveau de l’abdomen (photo 1).

Photo 1

Photo 1

Mon père, lui, fait pénétrer l'hameçon par l'abdomen et dessous la mouche pour le faire ressortir entre les pattes avant. Je me sers le plus souvent d’un hameçon de 12, de type forgé bleu renversé parfois d’un n°14 bien que je le trouve un peu petit. Comme la truite est gourmande elle peut l’engamer profond. Pour la plombée, mon père ne met qu’un seul plomb, un n°5 situé à 2 ou 3 cm de l’hameçon, moi j’en mets deux, un n° 7 comme plomb de touche à 2 ou 3 cm de l’hameçon et un n°5 10 cm au dessus et ceci pour que la mouche coule rapidement. En effet je préfère pêcher en noyant ma mouche et en la faisant évoluer entre deux courants, c'est là que j'ai les meilleurs résultats.

Le bas de ligne variera en fonction du type de la rivière et de la taille des truites. Souvent 10/100 ou 12/100 seront suffisants  mais lorsque le poisson est de taille respectable, les attaques peuvent être violentes et là il est nécessaire d’avoir un fil résistant, alors le 14/100 n’est pas inutile en grande rivière. Il n’est pas nécessaire d’avoir un bas de ligne très long, 50 cm à 80 cm seront suffisants. 

Vous voila prêts. Quels postes prospecter et à quelle période ?

Il n’est pas utile de commencer dès l’ouverture avec ce type d’appâts. Nous commençons à l’utiliser dès les premiers soleils chauds du mois d’avril, en fin de matinée et l’après midi, quand le soleil réchauffe les parties les moins rapides des torrents ou les rochers  qui pointent hors de l’eau. A ces endroits, les veines d’eau font passer notre esche à portée de la truite que l’on voit jaillir. Dès les chaleurs et jusqu’à la fin de la saison vous pourrez utiliser la mouche. Mais dans certaines conditions la truite boude cet appât. C’est le cas pendant les pluies alors qu’avant ou après, au moment ou l’eau s’éclaircie, cela devient de la folie et les mémères ne sont pas en reste. Aux périodes d’étiage, je prospecte surtout les courants et sous les rochers où une veine d’eau vient se perdre sans oublier les dessous de branches et autres souches. Les bordures sont à prospecter également. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait beaucoup d’eau, j’ai encore en mémoire une truite de 30 cm prise dans un ruisseau  où il y avait 5 cm de fond et qui était cavée sous un gros caillou (photo 2).

Photo 2

Photo 2

Pour les gourds profonds, la technique est un peu différente, il faut repérer les rochers et essayer d’amener sa mouche au plus proche, et comme souvent le courant est faible, l’animer par de petits et brefs soubresauts, puis laisser replonger. Effet garanti. Restez vigilant lorsque vous posez votre appât car l'attaque peut se produire immédiatement. J'aime bien, lorsqu'il y a du courant, faire taper mon plomb comme si la mouche venait frapper la surface de l'eau. C'est un signe évocateur pour la truite qui déclenche souvent l'attaque.

Maintenant il reste la question essentielle. Comment trouver des mouches vivantes ? Il existe des systèmes de piégeage mais je ne vous les conseille pas car le rendement n’est pas très élevé, ils sont encombrants et vous n’êtes pas sur du résultat. Par contre il est tout à fait possible d’élever des mouches. Robert MENQUET dans « truite mag »  n°30 explique sa méthode qui est identique à la mienne. Mais je vais vous montrer un type de boite très facile à fabriquer et qui facilite « la paix des ménages ».

Prenez de l’agglo de marine (agglo traité qui résiste bien au lavage) en 10 mm d’épais et fabriquez une boite (taille : 30x20x15). Pour le couvercle fixer le avec des charnières d’un coté et un crochet de l’autre. Prenez un système performant pour éviter les surprises. L’ajourer et mettre du grillage de garde manger. Sur l’avant fixez un goulot de bouteille qui servira à faire sortir les mouches. Ce goulot est fixé avec du silicone ou de la colle, sans oublier une petite vis dans l’épaisseur du bois afin d’éviter les désagréments d’une envolée de mouches dans le garage. Le bouchon rouge sur le dessus de la boite est le haut d’un goulot et me sert lorsque je rentre d’une partie de pêche. Je fixe la dessus ma boite de transport et les mouches non utilisées retombent dans l’élevage (photos 3 et 4).

Photo 3

Photo 3

Photo 4

Photo 4

Mettre dans la boite deux ou trois mesures d’asticots  de bonne qualité (je vous conseille des Gozers) sinon les mouches seront molles ou trop petites. Les mettre dans un endroits aéré mais chaud et attendre environ 10 à 15 jours l’éclosion des mouches. Je place ma boite sur le régulateur de ma chaudière, il ne fait pas trop chaud et la température est régulière. Ne pas bouger la boite tant que les asticots sont sous forme de cocons car ils sont très fragiles. Quand les mouches sont nées, les mettre à un endroit aéré et plus frais pour les conserver plus longtemps, pas en plein soleil sinon elles crèvent. Pour nourrir les mouches, il existe plusieurs techniques ; soit leur donner des quartiers d’orange (elles ont à boire et à manger) ; soit du sucre morceau et une éponge très humide pour boire, vérifier que l’éponge reste humide. Si l’endroit n’est pas trop chaud et si vous en prenez soin vous pourrez conserver vos mouches 15 jours à 3 semaines sans problème. Quand votre boite est finie, bien la nettoyer, je fais tremper avec de l'alcali pour désinfecter, et laisser sécher avant de remettre une série d'asticots.

Pour le transport, prendre une petite bouteille d’eau,  la raccourcir en la coupant au milieu et en emboîtant les deux parties. Les coller et percer les parois avec une aiguille chauffée afin que les mouches respirent. Percer le bouchon, y coller un morceau d’embout type tube de silicone, fabriquer un bouchon en bois qui s’adapte au tube. Le poncer pour qu’il soit incurvé. Teindre l’intérieur en clair (les mouches montent mieux). Vous avez une boite de transport à moindre frais et facile à refaire si vous la perdez ou la casser (photos 5 et 6). Celle dont je me sers à plus de 20 ans, c'est la première que mon père m'avait offerte..

Photo 5

Photo 5

Photo 6

Photo 6

Pour faire passer les mouches de la boite d’élevage à la boite de transport ; coller deux bouchons cul à cul, les percer (photo 7). Il suffit alors de les mettre sur le goulot de la boite d’élevage puis de fixer la boite de transport dessus (photo 8). Obscurcissez le grillage avec un journal, les mouches viendront d’elles même dans la boite de transport. Faites le dehors car quelques belles prisonnières risquent de s’échapper et alors….

Bon courage et bonne pêche à vous ......

Jean-Denis Pouget 

Photo 7

Photo 7

Photo 8

Photo 8

Texte et photos: Jean-Denis Pouget 

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