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Fermeture 1er catégorie, 20 septembre 2020

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Publié par truitepassion.fr

C'est avec grand plaisir que je vous annonce la naissance d'une nouvelle rubrique sur le site (les histoires de Jean-Denis). Histoires, que vous pourrez retrouver régulièrement tout au long de l'année. Jean-Denis Pouget m'a fait l'honneur de répondre favorablement à ma demande et c'est avec plaisir (je l'espère) que vous pourrez retrouver, ces histoires, mais aussi ses poèmes durant les mois et les années à venir.

Les histoires de Jean-Denis

Dis papou pourquoi tu pèches?

Cette question, c'est mon petit-fils qui me l'a posée l'année dernière. Réponse pas évidente, car il y a longtemps que je pèche. Tellement longtemps que je ne me rappelle plus depuis quand, juste quelques bribes, ici ou la lorsqu'un parfum, une brise ou une cascade éveillent dans ma mémoire ces instants.

Je me souviens de mon grand-père qui préparait ces journées au bord de la Moselle ou du canal. Pas de téléphone, encore moins de portable. Il fallait prendre son vélo, voir les oncles, décider du coin, des appâts, de l'amorce ....

Je le revois mon grand père, assis sur son pliant en toile, la gauloise au coin des lèvres et sa grande canne bambou à la main. J'étais si petit que cette canne là je n'arrivais pas à la tenir, elle pesait le diable. A coté, sur deux piquets fichés au sol, il y avait la  petite bambou, celle que j'ai encore et avec laquelle j'ai péché mes premières truites. On se levait à l'aube, le casse-croute était prêt. C'était ma grand-mère qui, la veille, avait tout préparé, le pain, le jambon ou le saucisson, une tarte maison et une chopine de rouge, important le casse-croute !!!

On prenait les vélos et on partait au jour levant. On arrivait au bord de l'eau la brume recouvrait la rivière. Chacun cherchait son poste, montait sa canne ... Pépé était toujours le dernier. Il regardait si son monde était bien installé et là, seulement là, il péchait. C'est lui qui m'a donné mes premiers rudiments et aussi l'envie d'expérimenter. Je me souviens de ces après-midis où il péchait avec des mirabelles pour attraper je ne sais quel poisson. Il faisait sourire, mais ça n'a pas duré, d'autres s'y sont mis….

Et les fritures! Nous faisions des concours de pèche dans les petits courants de la Moselle. Les poissons étaient légion; des goujons, des gardons, des ablettes, des gremilles, des perches et parfois une grosse brème qui trainait. D'autres fois nous prenions des bouteilles de champagne dont nous percions le cul pour attraper des vifs au pain. Ceux la rejoignaient la friture que nous faisait ma grand-mère le soir.

Puis je me suis éloigné des Vosges et j'ai cessé de pécher, ce n'est que plus tard, vers mes 15 ans que mon père m'a proposé d'aller avec lui à la truite. J'avais la petite bambou, celle du grand-père. On l'avait équipée d'un scion en fibre de verre (le bambou étant trop mou), d'anneaux en laiton et de deux tétons fixés au talon qui servaient à enrouler le fil. Tout ça était fabriqué maison. Les magasins d'alors n'étaient pas nombreux ni très achalandés. Et la, on parlait peu de technique. La truite était sauvage et peu courue dans les monts du montbrisonnais.

Mes parents louaient une ferme d'estive. Le confort était rudimentaire, pas d'eau courante, pas d'électricité. On passait nos journées à cueillir des fruits (airelles), à faire des confitures ou à ramasser des champignons.  On aidait le paysan d'à coté à faire les foins et on ramassait les grenouilles estropiées par la faucheuse. Mon père et  moi étions souvent à la pèche, grenouilles ou truites. Je me rappelle ces après midis d'orage où nous partions sous la pluie, une bobine de fil, une boite d'hameçons et de plombs dans la poche. On descendait le ruisseau, dès que la pluie cessait on coupait un perche de noisetier, la plus longue possible, deux mètres de fil et on taquinait dame fario, c'était magique !!!!

Pourquoi je raconte ça? Peut être parce que la pèche ne se résume pas qu'à une action technique mais qu'elle est chargée d'émotions très personnelles et que pourtant nombre d'entre nous partage. Peut être que si nous parvenions à transmettre ces instants fabuleux à nos enfants, nous donnerons un autre sens à notre activité. Peut être que la pèche est aussi un lien transgénérationnel oublié.

Mon grand-père n'est plus, pourtant chaque fois que je suis au bord d'une rivière je le revois, je l'entends rire, que de souvenirs !!!!

Jean-Denis Pouget.

Texte: Jean-Denis Pouget

Photo: Issue du net             

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Commenter cet article

christian 18/02/2020 22:42

Super ,que de souvenirs, merci

truitepassion.fr 19/02/2020 17:27

Merci pour lui Christian,
A+
Serge

Dom 17/02/2020 21:23

Super bonne idée.

truitepassion.fr 17/02/2020 21:24

Merci à toi

Jacky T 17/02/2020 19:54

Bella vita J'adore !

truitepassion.fr 17/02/2020 21:26

Oui c'est une belle histoire.