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Fermeture 1er catégorie, 20 septembre 2020

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Publié par truitepassion.over-blog.com

Poème de septembre

Pour ce poème de septembre je vous propose les vers d'Auguste Lacaussade ( Auguste Lacaussade est un poète français né le 8 février 1815 à Saint-Denis de l'île Bourbon et mort le 31 juillet 1897 à Paris)

Les Soleils de Septembre

Sous ces rayons cléments des soleils de septembre

Le ciel est doux, mais pâle, et la terre jaunit.

Dans les forêts la feuille a la couleur de l’ambre ;

L’oiseau ne chante plus sur le bord de son nid.

Du toit des laboureurs ont fui les hirondelles ;

La faucille a passé sur l’épi d’or des blés ;

On n’entend plus dans l’air des frémissements d’ailes :

Le merle siffle seul au fond des bois troublés.

La mousse est sans parfum, les herbes sans mollesse ;

Le jonc sur les étangs se penche soucieux ;

Le soleil, qui pâlit, d’une tiède tristesse

Emplit au loin la plaine et les monts et les cieux.

Les jours s’abrègent ; l’eau qui court dans la vallée

N’a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l’air :

Il semble que la terre, et frileuse et voilée,

Dans ses premiers frissons sente arriver l’hiver.

Ô changeantes saisons ! ô lois inexorables !

De quel deuil la nature, hélas ! va se couvrir !

Soleils des mois heureux, printemps irréparables,

Adieu ! ruisseaux et fleurs vont se taire et mourir.

Mais console-toi, terre ! ô Nature ! ô Cybèle !

L’hiver est un sommeil et n’est point le trépas :

Les printemps reviendront te faire verte et belle ;

L’homme vieillit et meurt, toi, tu ne vieillis pas !

Tu rendras aux ruisseaux, muets par la froidure,

Sous les arceaux feuillus leurs murmures chanteurs ;

Aux oiseaux tu rendras leurs nids dans la verdure ;

Aux lilas du vallon tu rendras ses senteurs.

Ah ! des germes captifs quand tu fondras les chaînes,

Quand, de la sève à flots épanchant la liqueur,

Tu feras refleurir les roses et les chênes,

Ô Nature ! avec eux fais refleurir mon cœur !

Rends à mon sein tari les poétiques sèves,

Verse en moi les chaleurs dont l’âme se nourrit,

Fais éclore à mon front les gerbes de mes rêves,

Couvre mes rameaux nus des fleurs de mon esprit.

Sans l’ivresse des chants, ma haute et chère ivresse,

Sans le bonheur d’aimer, que m’importent les jours !

Ô soleils! ô printemps ! je ne veux la jeunesse

Que pour toujours chanter, que pour aimer toujours !

Auguste Lacaussade, Poèmes et Paysages

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